UN CHEVALIER SANS QUÊTE

Mise en scène : Pierre Alfred Eberhard

Texte et jeu : Alexandre Beaulieu

Jeu : Jean Burucoa

Scénographie et peinture : Humphrey VIdal

Musique : Thibault Marchalet Doriane Ayxandri

Un chevalier sans quête, c'est la nouvelle création du collectif. Le spectacle à été joué à deux reprises dans sa forme simple, et une première résidence de création aura lieu à Valenton fin octobre.

NOTE D’INTENTION

Un chevalier enchaîne les quêtes à une vitesse effrénée.
Sa vie est très réglée et ne lui laisse que peu de place pour penser ou se penser.
On ne sait pas s’il est heureux,mais il a un rôle à jouer et une fonction dans la société.
Un matin, le chevalier se réveille seul sans aucunes quêtes. Il découvre que son
auteur a cessé d’écrire et une aventure plus profonde commence alors :
il va devoir trouver un sens à sa vie.
Sur son chemin, le chevalier rencontre de nombreux personnages. Chacun est l’image d’une étape qu’il doit traverser pour aller vers lui-même. L’histoire entière est une succession d’épreuves sous la forme de tableaux métaphoriques qui traitent de la déconstruction et de la recherche de soi.

Un travail a été réalisé sur les contrastes, en passant de scènes comiques et absurdes à
des représentations plus profondes de la psyché. Tantôt burlesque, tantôt poétique,
plus le récit se développe, plus l’expression externe du personnage se dissout.
Son monde intérieur, sa complexité psychologique augmente alors.
Le chevalier sort de la caricature et de son personnage, et devient, peu à peu, humain.
La mise en scène est une continuité de cette déconstruction.
Nous avons choisi de représenter l’auteur dit « le créateur » à l’aide de différents médiums
artistiques : un peintre/scénographe, deux musiciens, le narrateur qui jouera
également tous les autres personnages, et le décor lui-même.
Comme un seul auteur face au chevalier, ils seront le symbole de ce qu’il doit
affronter pour pénétrer à l’intérieur de l’acte créatif.

Au début, une vidéo composée de plusieurs extraits de films de chevalerie.
Cette vidéo est le symbole du mythe civilisationnel du chevalier, et de tous les codes qui
y sont associés. Elle place le spectateur dans un imaginaire qu’il croit connaitre...
Seulement, à un moment, le film s’arrête, et la vie du chevalier avec lui.
La véritable histoire commence et le spectateur se retrouve face un décor inattendu :
un mur de cubes qui se décomposera en une multitude de décors, qui exprimeront
les différents instants de son voyage initiatique.

Tout au long du spectacle, la mise en scène viendra créer une dualité :
d’un côté un chevalier qui se bat pour devenir maître de sa propre traversée et de l’autre des éléments (personnages et scénographie) qui viendront le tester, l’éprouver. Ses faits et gestes seront comme écrits par le conteur et ses assistants musiciens, et peintre/scénographe, à la manière d’un marionnettiste tirant les ficelles de son personnage. Voix et corps de l’auteur, ils se joueront de lui et le décriront, le feront vivre par les mots, la musique et l’expression de leurs arts. Il y a ici une influence du théâtre Nô dans lequel l’interprétation du texte se sépare de l’interprétation du corps.

Les modules scénographiques permettront au conteur et autres personnages de construire
et métaphoriser tous les endroits parcourus par le chevalier : une taverne, une forêt,
un port, une ville, un océan... Comme une danse en continu mêlant les arts, le chevalier,
perdu dans ce tourbillon, devra affronter tous ces mondes, pour enfin trouver son auteur.
C’est par un esprit de déconstruction, d’épuration qu’il y arrivera. Les cubes disparaitront au fur et à mesure du récit pour le rendre de plus en plus présent, de plus en plus puissant.
Nous évoluerons d’un monde formaté, très construit et formel, à un
plateau presque totalement vidé de ces artifices.

Le chevalier ira vers la grâce, face à son auteur, et enfin face à lui-même et à l’histoire qu’il devra s’écrire, ce qui créera peut-être pour le spectateur l’envie d’écrire aussi la sienne.

Dates précédentes

- 17/11/2018 (Festival théâtre et résonance ; Othis))

- 12/04/2019 (Dordives)