La quête du miel

Texte et jeu : Alexandre Beaulieu

Mise en scène : Pierre Alfred Eberhard

Scénographie : Humphrey Vidal

Voix : Jean Burucoa et Doriane Ayxandri

Musique : Thibault Marchal et Doriane Ayxandri

Résumé de l'histoire

Dans une étrange vallée peuplée essentiellement par des ours, les jours s’enchaînent un peu à la manière des nôtres :
la journée, on pêche des poissons ; le soir, on se détend en mangeant des fraises sauvages et, la nuit, on dort dans des grottes.
Certains rêvent tout de même d’autre chose, car on raconte qu’il existerait un mets que l’on appelle le miel, qu’il serait gardé par de nombreuses et méchantes abeilles, et qu’il ferait voir à celui qui en mange, les vraies couleurs du monde.
Après avoir vu son Pauvre papa ours rêver au miel toute sa vie sans avoir le courage d’y aller, un petit ourson se lance dans l’aventure.

Sur le chemin, il vit des instants difficiles, il traverse des doutes,
il se confronte à l’échec, il partage avec de nombreux personnages des moments chaleureux et tendres. Il rencontre Renard, Gros ours, Petit ours à lunettes, Ours poète, les Ours danseurs, et Papillon.
Chaque personnage est une métaphore de ce que Petit ourson doit comprendre pour avancer.
Il grandit, apprend, se dépasse jusqu’à atteindre le miel, métaphore de ce qu’il est au plus profond de son cœur.
Mais quand il revient, il est trop tard, son Pauvre papa ours a rejoint
la terre sacrée des ours.
Petit ourson apprend une dernière grande leçon...


 

Un voyage métaphorique

L’écriture est dans la tradition de la fonction rituelle de la métaphore.
Nous sommes ici dans une structure d’écriture présente dans les contes et mythes de toute époque, structure révélée par Joseph Campbell qu’il nomme « le voyage du héros ».

Il s’agit d’un voyage intérieur, d’une découverte de soi à travers un ensemble d’images qui raconte  des étapes bien précises
du développement personnel du héros.

Ici chaque image correspond à une situation, à une difficulté que Petit ourson doit dépasser pour pouvoir avancer.

Il en est de même des personnages :
soit ils apportent un problème qu’il faut résoudre, soit ils sont la solution à une difficulté que Petit ourson

ne pouvait pas comprendre seul.

C’est ce voyage dans un monde imagé qui le fait grandir et évoluer jusqu’à son objectif final : la découverte de ce qu’il est vraiment, la prise en main de sa propre vie et le passage rituel vers l’âge adulte.

Une fonction psychologique

Ici c’est le rapport au père qui est traité. Ce conte a pour vocation
d’accompagner l’enfant dans la prise de conscience de son individualité,
dans sa séparation psychique avec ses parents.

 

Petit ourson part pour sauver son Pauvre papa ours et pour voir les vraies couleurs du monde. Il a deux buts qui pour lui ne font qu’un. Il n’y a chez lui pas de distinction véritable entre

lui et son Pauvre papa ours.

Son aventure va lui faire vivre une expérience personnelle.

C’est cette expérience qui va créer la dissociation. À son retour,

son père a rejoint la terre sacrée des ours.

C’est par cette disparition que métaphoriquement Petit ourson peut alors vivre sa vie.

Note de mise en scène

À la frontière entre l’art oral et l’art graphique, ce spectacle est un voyage à travers les sens, la couleur et l’imaginaire du conteur.

Le jeu


Un acteur est seul sur scène. Il est le narrateur.

Il est le véhicule de l’histoire.
Par moment Il est traversé par les images qu’il transmet aux spectateurs, il les vit et les interprète ; par moment il transmet

avec recul et sagesse les éléments de la narration.
Quand, dans le récit, apparaît le personnage principal, l’acteur accueille ses sensations, sa psychologie et ses objectifs.

Par une transformation progressive,
il glisse dans sa peau et fait vivre la situation. Puis il se laisse lentement revenir à l’état de présence et d’écoute du narrateur.

Le récit peut continuer.

Les voix


 D’autres personnages, incarnés par un autre comedien, parviennent à la scène sous forme de voix off, et jouent avec le conteur.

Ce sont les réactions et l’écoute de ce dernier, ainsi que les éléments scénographiques qui viennent leur donner corps.

Espace scénique


 Trois tulles sont suspendus au plafond et descendent jusqu’au sol, créant un écran qui délimite l’espace scénique en deux parties.

Ils accueillent la projection vidéo et leur textures changent

en fonction de la lumière.

VIDÉO

Des créations picturales animées sont projetées sur les tulle, formant un voyage abstrait à travers la couleur et l’imaginaire des formes.
Ces tableaux animés viennent renforcer l’histoire en la nourrissant de sensations, en faisant éclater le sentiment invisible d’une situation pour toujours augmenter le ressenti.
Ils traduisent la texture d’un lieu, l’énergie ou la couleur qui caractérise un personnage rencontré. Comme un langage dans le langage, elles sont les métaphores visuelles de la narration.


 

Lumières


Elles créent des espaces, elles les modifient. Elles les lient. Elles soutiennent la vidéo ou l’effacent, prennent le relais, créent des contrastes. Elles deviennent par le jeu avec le tulle un outil puissant pour transformer l’espace scénique : le faisant apparaître ou disparaître, révélant l’acteur ou faisant de lui une ombre. Elles sont tantôt transitions, tantôt éclipses. Elles expriment le temps, une émotion, deviennent la métaphore du jour nouveau ou d’un personnage qui meurt. En définitive elles existent par
elles-même mais servent aussi de lien, rendant l’ensemble

vivant et organique.

Musique


Originale et composée pendant les répétitions,

elle suit le fil de l’histoire.
Par moments elle renforce la narration ; à d’autres prend

le relais du conteur en exprimant certaines étapes directement par l’enchaînement des mélodies.
En s’associant à la lumière elle exprime le temps et l’espace traversé, enrichissant le thème du voyage. Elle crée également

des ambiances, elle traduit des sentiments, ou retranscrit par

des sonorités abstraites la couleur d’un élément, d’un décor,
d’un personnage; l’angoisse d’une forêt la nuit ou la tendresse
d’une rencontre providentielle.

On en parle?

"Au pays des contes, l'auteur Alexandre Beaulieu nous propose avec La quête du miel un voyage initiatique sur les pas d'un petit ourson qui aurait croisé le Petit Prince. Un questionnement fin, intelligent, dans une mise en scène subtile de Pierre Alfred Eberhard qui privilégie la tendresse, l'ellipse au spectaculaire. Les enfants écoutent sans broncher, attentifs au voyage poétique proposé par Alexandre Beaulieu."

 

Marion Thébaud

Journaliste, critique théâtre

Prochaines dates

AVIGNON OFF

au Théâtre des  Barriques

Du 6 au 29 juillet 2018 (relâches les mardis)

Dates précédentes

- 19/11/2016 (Ohis ; Festival Théâtre et Résonance)

- Février 2017 (Résidence ; Valenton, Salle Odette Et Gilbert Prinçay)

- Mars 2017 (Résidence ; Théâtre des Barriques ; Avignon)

-19/04/2017 (Péniche-théâtre La Baleine Blanche; Paris)

-26/04/2017 (Péniche-théâtre La Baleine Blanche; Paris)
-03/05/2017 (Péniche-théâtre La Baleine Blanche; Paris)

-10/05/2017 (Péniche-théâtre La Baleine Blanche; Paris)

-20/05/2017 (Valenton, Salle Odette et Gilbert Prinçay)

-24/05/2017 (Péniche-théâtre La Baleine Blanche; Paris)

-31/05/2017 (Péniche-théâtre La Baleine Blanche; Paris)

-Du 5 au 30 juillet 2017 (Théatre des Barrique; Avignon)

-Les 4, 11, 18, 21, 23, 24, 26 et 27 octobre 2017 (Théatre de Nesle; Paris)

-Les 8, 15, 18, 22, 25, et 29 novembre 2017 (Théatre de Nesle; Paris)

-Les 2, 6, 9, 13,16, 20, 23, 26, 27 et 28 décembre 2017 (Théatre de Nesle; Paris)

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